HISTORIQUE DES EXPLORATIONS

L'entrée, étroite et ébouleuse, s'ouvrit dans un pré sous les roues d'un véhicule agricole.

1972
Chatelain, membre du C.D.S.P, descend aux échelles le puits sous-jacent et signale aux propriétaires une profondeur de 80 mètres.

13 et 14 août 1992
Vingt ans plus tard, les propriétaires indiquent à un groupe de spéléologues l'existence d'un gouffre de 80 mètres dans leur champ. Ceux-ci désobstruent et sécurisent l'entrée. Ils équipent le puits, profond de 40 mètres seulement, et entrevoient une suite possible à la base de ce puits.

Avril 1993
Agrandissement des passages et descente de deux puits borgnes sans résultat. La suite est peut-être en face.

Août 1993
Plusieurs jours de désobstruction permettent d'atteindre et de descendre le puits du Pendule, point d'accès à l'ensemble des galeries formant le Nébélé. Sont notamment explorés et topographiés la salle et la galerie inférieure du Pendule, la galerie 93, la galerie des Chauves-souris et son puits de 57 mètres, la galerie du Casse-croûte, le début de la rivière des Tubes (arrêt sur rien). Les deux siphons principaux du gouffre sont atteints.
On peut considérer que le Collectif Nébélé, fort d'une dizaine de membres, s'est créé à ce moment, bien que son existence n'ait été formalisée que plus tard. A partir de cette date, 35 spéléologues ont participés de façon très active aux explorations, et plus de 65 autres ont profités d'une sortie pour découvrir le gouffre en aidant aux portages ou aux différents travaux.

1993
Une cheminée est escaladée. Elle deviendra l'un des points clé du réseau et prendra le nom de "puits du commandant Cousteau". Au fil des explorations, la galerie du Blaireau située en haut se poursuit par la galerie du Scrouitch qui se termine avec arrêt sur rien à la salle du Camp. Quelques divagations à droite et à gauche nous permettent d'explorer la galerie de Noël et le début de la Roume.
Cela n'était pas certain en août, mais les siphons sont actifs, ce qui permet de déterminer lequel est l'aval et lequel est l'amont.. Explo-topo de la galerie du Bain. Arrêt sur la grande salle du Parpaing où une escalade, plus haute que prévu, est commencée. Dans le même secteur, franchissement d'une trémie donnant accès à une grande galerie : "la Grande Faille". Arrêts sur puits ou escalades.
4200 m sont topographiés

1994
Poursuite de la galerie du Scrouitch par une zone ébouleuse (galerie Damoclès), puis par un méandre très haut et étroit : le méandre de l'Oasis. Lors d'un camp souterrain d'été, toute la hauteur de ce méandre (45m) sera explorée et livrera la galerie des Spirales et une galerie supérieure correspondant à l'ancienne conduite forcée sommitale.
Poursuite des explos dans la Roume qui totalise cinq niveaux de galeries buttant sur un grand volume vertical arrosé.
Poursuite des explos dans les Tubes, et jonction avec la galerie du Scrouitch.
L'escalade du Parpaing (38m) est terminée et débouche sur une galerie perchée : la galerie du Parpaing. Arrêt sur nouvelle escalade.
Traversée du puits du Casse-croûte qui permet l'accès à la galerie du Sablier.
L'année 1994 verra aussi l'aménagement d'une entrée artificielle, plus sûre et mieux placée que l'entrée naturelle qui sera rebouchée.
9800 m sont topographiés au total.

1995
Escalade du puits du Sablier (50m) qui livre le méandre et la galerie des Herses. Ce réseau perché est d'un parcours difficile, et. la recherche du courant d'air nous conduit à de nouvelles escalades terminales (escalade du Jedï).
Traversée en vire en haut du P57 : découverte de petits puits parallèles sans grand intérêt.
Plongée de reconnaissance dans le siphon amont (80m) et plongée du siphon aval (70m) qui débouche sur 100 mètres d'exondé avant de rencontrer un nouveau siphon.
Escalades dans la grande Faille sud : 500m de première dans la galerie des Diaclases. Arrêt sur trémie. De nouvelles escalades, totalisant 60m remontés, ne donnent rien : trémies en plafond partout. Une nouvelle et dernière escalade (25m) jonctionnera avec la galerie du Parpaing. Ce sera le début d'une série d'explorations dans les hauteurs du Parpaing : la galerie des Ammonites sera parcourue en 1995. La suite viendra en 1996.
Près du puits du Pendule, un boyau soufflant est désobstrué et permet la découverte de la galerie du Piochou, qui jonctionne avec la base du puits du Pendule.
11300 m sont topographiés au total.

1996
Coloration de la rivière de l'Oasis. Sortie du colorant à la résurgence d'Uthurbietta.
Fin de l'escalade du Jedï (25m) à l'extrémité du méandre des Herses, avec arrêt sur trémie soufflante. Cette zone de la cavité, qui n'a pas donné les résultats escomptés, voit son exploration considérée comme terminée.
Plongée du siphon amont : ça continue.
Topographie du S1 aval et de l'exondé entre S1 et S2. Plongée de reconnaissance du S2.
Escalades dans la Galerie de la St Sylvestre, livrant le Puits du Grand Noir dont le fond se superpose avec l'exondé aval, et où l'on entend l'eau par une fissure de quelques centimètres de large. Découverte aussi de la Galerie Etrange qui passe au dessus de la salle du Pendule, et du Puits des Clés jonctionnant avec la tyrolienne.
Reprise des explos dans les étages supérieurs du Parpaing : galeries des Fresques, de la Marne, du Boxwork et des Gérontes. Jonction avec la grande Faille par le puits du Théatre.
12400 m sont topographiés au total.

1997
Plongée du siphon amont : 250m parcourus pour une profondeur de -17m. Arrêt sur rien.
Escalade du puits Tahiti, à la recherche d'un bruit de cascade entendu en diverses circonstances. La cascade, haute de 20 m, est trouvée après 50 m d'escalade. C'est un peu gras, et l'eau s'enfile dans un méandre tout aussi gras et qualifié d'innommable. Depuis, on a trouvé pire ailleurs. Le méandre Innommable deviendra ainsi le méandre Tahiti, mais ne nous fions pas aux noms idylliques !
Ce méandre Tahiti, donc, débouche sur le puits de la pêche, profond de 50 m (il faut toujours redescendre ce que l'on a remonté, et vice versa). Le puits de la Pêche jonctionne avec l'amont de la rivière de la Flemme et le bas du puits du même nom. Une lucarne dans le puits de la Pêche donne accès à la salle de la Lucarne, prolongée par les puits des Nantais et de l'Illuminé (jonction avec l'aval de la rivière de la Flemme) d'une part, et par un méandre menant au puits Uno (jonction avec la base du puits de la Flemme) d'autre part. Vous êtes perdus ? Nous aussi !
Traversée au dessus du puits de la Flemme (encore lui). En face : deux départs. L'un jonctionne avec les grandes salles de la Flemme, l'autre permet de découvrir une nouvelle salle : la salle Groenland. Au plus évident, un méandre file et s'arrête devant un mur… d'eau ! Nous venons de découvrir la Turbine, cinquième rivière de réseau, en pleine crue. Le lendemain, c'est comme dans les westerns, il y a une grotte derrière la cascade en décrue : le méandre continue…
Une autre rivière, dite Suspendue, sera découverte à l'issue d'une escalade à proximité de la Turbine.
16800 m sont topographiés au total.

1998
Retour dans le réseau de la Flemme, moults départs ayant été délaissés. Le méandre des Cageots est découvert. Il permet la jonction entre le puits Uno, le puits de la Flemme, et les Tubes. Issu également du puits Uno, le méandre des 100 000 rasoirs ne jonctionne, pour une fois, avec rien (et c'est heureux).
Descente du puits du Monocle (50 m) donnant accès à une zone siphonnante ou cascade, on le sait désormais, la rivière Suspendue. En face, la spacieuse galerie du Monocle est parcourue sur 400 m, avec arrêt sur siphon.
Escalades dans la salle Groenland : une de 5 m, jonctionnant par une courte galerie avec le puits des Nantais, et une de 25 m, très surplombante, débouchant sur la galerie des Marmites (c'est gras et bas de plafond) laquelle jonctionne en plafond de la salle de la Lucarne (voir plus haut). Le nombre de jonctions commence à être impressionnant, la topo devient inextricable, et les explorateurs recherchent assidûment mais vainement l'échappatoire qui leur permettra de sortir de cet imbroglio constitué par la Flemme !
De guerre lasse, la Flemme est abandonnée (provisoirement : il reste des courants d'air à pister). Le camp d'été reprend comme objectifs la Faille nord et les siphons avals. Quelques escalades dans la Faille nord ne donneront rien, sauf… la dernière, comme d'habitude, alors que le camp se termine. Remontée de 5 m pour trouver une galerie, suivie d'un puits de 30 m, d'une escalade de 15 m avec re-galerie, et tout au bout 45 m de remontée (classique désormais). Arrêt sur vire plus remontée de 10 m à faire : on voit un plafond de galerie ?
Coté siphons, les plongeurs se sont distingués et ont franchi 4 siphons dont 3 nouveaux pour découvrir 500 m d'exondé environ jusqu'au siphon 5. Une grosse conduite forcée arrive dans les plafonds et reste à voir.
18100 m sont topographiés au total.

1999
Recherche d'un shunt pour atteindre la zone exondée aval. C'est presque gagné, mais le gouffre se défend et finalement, ça ne passe pas. Décevant : on aurait bien échangé une, voire deux, des nombreuses jonctions de la Flemme contre celle là ! Pour se remonter le moral, diverses équipes ont tenté leur chance dans quelques escalades, découvrant 50 mètres de galerie par ci, 150 mètres par là, 70 mètres ailleurs et, évidemment, de nouvelles jonctions et de nouvelles possibilités de continuation.
18619 m sont topographiés au total à Pâques 1999.

Et après?
Les explos continuent, il reste de nombreuses possibilités non exploitées, et une bonne dizaine d'escalades prometteuses dont un gros morceau : la Roume. Si les équipes ne se lassent pas, le "Néb" continuera.

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